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ELTCHANINOFF Michel - Dostoïevski. Le roman du corps


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Editions Jérôme Millon, coll. Krisis, 2013, 360 p.

La postérité philosophique de Dostoïevski repose sur un malentendu. Ses romans ont été lus, de Nietzsche à Levinas en passant par Berdiaev ou Camus, comme de vastes débats d’idées sur le mal, la rationalité, autrui, la liberté, Dieu — ses personnages extrêmes et ses intrigues policières échevelées servant surtout d’alibi. Quelques-uns, comme le théoricien de la littérature Mikhaïl Bakhtine, ont critiqué cette approche. Mais ils n’en ont pas tiré les conséquences. Aussi, à rebours de l’idée suivant laquelle, chez Dostoïevski, plus les idées abondent et plus la vie concrète des personnages s’efface, faut-il revenir au texte russe et saisir la révolution que l’écrivain fait subir à la notion de corps ? Si l’apparence physique des personnages n’est pas précisément décrite ; si Raskolnikov est une caricature de beau ténébreux et Mychkine une image d’Épinal du mystique souffreteux ; si l’on ne sait pas à quoi ressemble Ivan Karamazov, le corps est-il absent ? Non, il est au contraire exploré par Dostoïevski, mais sur un mode que nous appelons inobjectif : ni objectif, ni subjectif, mais inapparent et omniprésent. À travers la maladie, la violence, la parole, fils directeurs de ses romans, vecteurs privilégiés de la corporéité, il s’agit, avec les outils de la phénoménologie, de redéfinir le phénomène humain comme articulation du corps et du sens. La voie du corps inobjectif induit une conception originale du rapport à autrui, de l’imagination, de la perception spatio-temporelle. Elle permet également de jeter un regard neuf sur les romans de Dostoïevski. En quoi consistent le crime et le châtiment de Raskolnikov ? Pourquoi la mission christique de l’Idiot échoue-t-elle ? Pourquoi les nihilistes des Démons s’emparent-ils si facilement de toute la société ? Qu’est-ce que la « vie vivante » promue dans L’Adolescent ? Comment définir la culpabilité des frères Karamazov ? Avec cette lecture inédite, on comprend que le romancier demeure plus que jamais notre contemporain.

 

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