Langue maternelle

La langue maternelle que l’émigré emporte avec soi est un festin dont on est chassé. Et d’où l’on emporte les « restes », en se cachant. La poésie d’Olga Ansteï est plus qu’un reste, mais économise la langue, et nous offre des gemmes taillées avec art, oubliées.

Le livre d’Ansteï paru à Kiev en 2000
Le livre d’Ansteï paru à Kiev en 2000
Je l’ai vue en rêve, c’est un Navire-Titan, Voiles délavées, par le vent gonflées. Il me semblait, tant que j’y avais pied, Que Titan moi-même, pour sûr, j’étais. Pas pour longtemps ! mais quel bonheur ! Faut s’attacher au bastingage – Sinon la vague t’envoie au large... Et le Titan suit sa lancée. En rê